Les filles et les maths, ça matche !

En cours de diffusion Créé le 5 octobre 2024

Lecture – Spectacle – Musique – 2 comédiens et 1 comédien-musicien | De la 5ème à la première et CAP 1ère et 2ème année | 50 minutes

Découvrez le parcours exceptionnel de Sophie Germain, découvrez cette femme qui a montré la voie aux femmes scientifiques d’aujourd’hui. Non, les matières scientifiques ne sont pas en priorité réservées aux garçons ! Les filles et les maths, ça matche ! le prouve avec légèreté, vivacité et conviction.

Note d’intention
La figure de Sophie Germain, ses travaux, son parcours, sont édifiants à plus d’un titre et très bien romancée par Sylvie Dodeller. Sa révolte et surtout son obstination sont surprenantes.
Il ne s’agit pas seulement de dénoncer l’absence de reconnaissance des femmes dans la science mais d’ouvrir à des jeunes des perspectives, avoir droit de rêver si on le souhaite à un travail passionnant, exigeant malgré les obstacles, de genre, de classe…
Un peu ambitieux peut-être mais si un peu de dialogues par-ci, un peu de son par-là, une interview, un extrait de lettre et de biographie faisaient des étincelles !! Ce serait une belle expérience !
Nous vous proposons donc cette lecture-spectacle à une comédienne, un comédien et un accompagnateur sonore. Nous avons choisi des extraits du roman afin qu’ils puissent former un fil conducteur, en cohérence avec la mise en espace. Des moments contés et sonores sont ajoutés en lien avec les découvertes de Sophie Germain. Nous la destinons à un public familial à partir de 10 ans et aux collégiens et lycéens. Un dispositif scénique sobre nous permet de jouer en lieux non équipés comme équipés.

Les femmes et la science

Notre lecture spectacle retrace le parcours scientifique de Sophie Germain, c’est l’une des premières femmes à découvrir la science des mathématiques. Elle expérimente aussi, c’est elle qui est à l’origine de la théorie de l’élasticité, si importante dans la construction des bâtiments, des ponts…et de la tour Eiffel, le saviez-vous ? Si nous nous référons aux livres d’histoire, nous pourrions croire que les femmes ont très peu contribué aux avancées scientifiques. Or la question à se poser n’est peut-être pas pourquoi si peu de femmes ont contribué à l’aventure scientifique mais plutôt, pourquoi connaissons-nous si peu de femmes scientifiques ?

Dis moi…
Dis-moi, peux-tu me citer, allez, disons, cinq femmes scientifiques ?
Mais oui, bien sûr. Tout d’abord, Marie Curie. Oui, je sais, aucun mérite, tout le monde la connaît. Donc, Marie Curie…
Oui, et ?
Eh bien… heu… Marie Curie et puis… ah oui, elle n’avait pas une sœur ou une fille qu’était scientifique aussi ?
Oui, Irène Joliot-Curie. Elle a été prix Nobel aussi, comme sa mère.
Ah, ben tu vois, ça fait déjà deux.
Ouais, un peu facile, non ? Deux dans la famille Curie. Heureusement que sa deuxième fille n’était pas intéressée par les sciences.
Oui, bon j’avoue, c’est pas très glorieux. Mais tu m’as pris au dépourvu, là !
Et oui, pas simple, et pourtant…

Invisibilisation des femmes scientifiques

Nous parlerons dans Les filles et les maths, ça matche ! de l’invisibilité des femmes scientifiques et du sexisme qui malheureusement n’est jamais loin, mais aussi et surtout nous prendrons la parole pour que l’on retienne des noms des femmes qui ont pris part à l’aventure des sciences. Eh oui, elles ont toujours été là, quand on leur a laissé la possibilité d’étudier, de s’exprimer.

Les maths, aussi pour les filles


A travers cette lecture – spectacle, nous ne voulons pas seulement dénoncer l’absence de reconnaissance des femmes dans la science, nous voulons également ouvrir des perspectives, S’autoriser à rêver sa vie, notamment pour les jeunes filles. Le cerveau des filles est aussi apte à appréhender les sciences que celui des garçons.

Sophie Germain, la femme cachée des mathématiques

Nous avons été séduits par le roman de Sylvie Dodeller, qui retrace la vie de Sophie Germain. Dans un style fluide, l’autrice nous raconte le destin de cette femme hors du commun et réussit même à nous divertir avec les mathématiques. Née en 1776, elle a 13 ans lors des débuts de la Révolution française. Pour échapper à l’agitation ambiante, elle se réfugie dans la bibliothèque de son père à la recherche d’un ouvrage qui lui occupera l’esprit. C’est là, qu’elle découvre : « L’Histoire des mathématiques » de Montucla. A partir de là…l’aventure commence !

Une langue riche et adaptée

La langue de Sophie Dodeller est tout à fait adaptée pour l’oralité. Elle est riche et vive, nous propose des styles différents : confessions, dialogues, interviews, lettres … nous avons adapté le texte du roman pour que la lecture-spectacle soit constituée de ruptures, de mouvements différents tout en suivant le fil de l’histoire passionnante de la vie de Sophie Germain. Il y a également dans ce roman une grande contemporanéité et cela nous intéresse au plus haut point ! Nous nous sentons extrêmement proche de Sophie Germain, de ses batailles, de ses obstinations légitimes, de sa malice pour lutter contre les clichés – encore bien vivaces aujourd’hui (nous pensons à l’effet « Mathilda » que nous évoquons rapidement).

Univers sonore crée en direct

La lecture-spectacle s’est créée en dialogue avec le musicien comédien, Paul Bricler, qui nous a proposé des ponctuations musicales très variées et pleines d’humour, en écho ou réaction avec les moments du texte. C’est un vrai dialogue qui s’établit entre les lecteurs et le musicien, qui intervient aussi comme comédien ponctuellement dans la lecture. Nous avons souhaité que la musique soit aussi fidèle, comme le texte, à l’esprit de Sophie Germain, à son inventivité.
Distribution

Avec : Christian Brouard, Paul Bricler et Valérie Pourroy
Regard extérieur : Kriss Goupil

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Durée :

00:50

Espace scénique :

6 m x 4 m

Jauge (Nombre maximum de spectateurs) :

60 ou 110 selon avec ou sans gradins

Temps d'installation :

2.5 à 3 heures

Extrait du texte :

Extrait 1 :
Sophie : « Ma-thé-ma-tiques »
Quel mot bizarre !
Qu’est-ce donc que ces « mathématiques » ?
Un pays, une contrée, une peuplade lointaine, une civilisation antique ?
Narrateur : Sophie n’en a pas la moindre idée. Elle parcourt la table des matières du premier tome de l’ « histoire des mathématiques » d’un certain Montucla et lit les intitulés :
Sophie : « trigonométrie rectiligne et sphérique, calcul exponentiel, partie « infinitésimale », quadratures, rectifications. »
Narrateur : Elle n’y comprend rien. Parfait !
C‘est ce qu’elle veut, ce qu’elle cherche, ce matin-là du 13 juillet 1789, dans la bibliothèque de son père où les étagères débordent de livres.
13 juillet 1789, en ce jour particulier, elle ne veut surtout pas d’un livre léger, entrainant ou bourré de savoir passionnant… non, ce qu‘elle cherche, c’est un livre à part, un ouvrage coriace qui lui donne du fil à retordre, un texte qui réclame son attention pleine et entière, qui nécessite un engagement de tout son être.
Un livre qui la scotche ! […]

Extrait 2 :
Narrateur : […] Les parents de Sophie, inquiets de la voir sans cesse marmonner tracer des figures sur la nappe du bout des doigts, passer d’une pièce à l’autre de la maison toujours avec son manuel sous le bras tentent de la dissuader avec une série d’arguments, comment dire… mais laissons plutôt parler les parents de Sophie.
Les narrateurs : Argument n°1 : l’abus de mathématiques est dangereux pour la santé.
Le père : « Sophie, les filles ont un cerveau bien trop fragile, des nerfs trop sensibles pour étudier un sujet si difficile. Tu risques de t’étioler, de t’affaiblir, de perdre tes forces, ta santé si tu continues ainsi. »
Les narrateurs : Argument n°2 : une fille qui calcule attire bien plus les cancans que les prétendants.
La mère : « Et puis que vont penser les gens ? Sophie, tu vas passer pour une fille bizarre, une demoiselle à part. Aucun mari ne voudra de toi. Fais un effort ! Prends exemple sur tes sœurs, Brode, lis, dessine… »
Les narrateurs : Argument n°3 : Jean-Jacques a dit…
Le père : « le philosophe Jean-Jacques Rousseau, un « expert » sur le sujet a déclaré dans son « Émile » que l’éducation des filles n’a qu’un seul objectif qui vaille, le bien-être des hommes : « leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, […] leur rendre la vie agréable et douce : voilà les devoirs des femmes …. »
Le narrateur : Argument n°4 :
La mère : « Sophie, dans l’histoire des mathématiques que tu as lu en entier, est-ce que Montucla parle de femmes mathématiciennes ? Non ? Alors … »
Le narrateur : Sophie en convient, elle a beau chercher, Montucla ne cite que quatre femmes dans son ouvrage de 1200 pages : Hypatie, héléna Piscopia.
Sophie : « Justement, si chaque fois qu’une fille s’intéresse aux maths, on lui rétorque qu’il n’y a pas de femmes mathématiciennes, il est évident que leur nombre ne risque pas d’augmenter. »

Extrait 3 :
Le narrateur : Il est temps de parler du mystère Leblanc ! Ou de l’hypothèse Le Blanc !
À votre avis, y-a-t-il endroit plus romantique qu’une librairie spécialisée dans les mathématiques pour se rencontrer ? Non, non je vous assure, y a pas mieux ! Impatiente, comme toujours, de découvrir les dernières nouveautés, Sophie fonce vers les livres disposés sur le comptoir central et, tout apprentie mathématicienne qu’elle est, n’a pas calculé le jeune homme brun qui feuillette d’un air accablé la Mécanique analytique de Lagrange. Lorsque M. Bernard glisse à l’oreille de sa cliente préférée qu’il s’agit d’un étudiant de Polytechnique, Sophie assiste à un phénomène étrange. Elle voit sous ses yeux ce garçon insignifiant se parer d’un éclat doré et scintiller de mille feux. Ni une ni deux, faisant fi de la réserve qui sied à une jeune fille, elle s’avance résolument vers Antoine Augustin Leblanc.
Sophie : hum, hum (il lève le nez) Félicitation pour votre entrée à Polytechnique …
Antoine Augustin : Merci
Sophie : j’ai entendu beaucoup de bien sur cette nouvelle école même si je n’en sais que très peu de choses…
Antoine Augustin : Je suis prêt à répondre à toutes vos questions.
Le narrateur : Et Sophie en pose une dizaine … à la dernière de la série, il répond :
Antoine augustin : Chaque matin se pressent 400 élèves dans l’amphithéâtre. Il y a beaucoup de parisiens, comme vous et moi, mais aussi des Normands, des Lorrains, des Occitans à l’accent chantant. La France entière se côtoie sur ces bancs. La nouvelle école de la République a ratissé large pour remplir ses classes !
Le narrateur : Pas au point de recruter des filles …
Antoine Augustin : …….(silence)
Sophie : Et les professeurs ?
Antoine Augustin : Tous des savants. Monge, Fourcroy, Prony. La crème de la crème. On parle aussi du mathématicien Lagrange qui devrait arriver dans quelques semaines.
Sophie : Serait-il possible de vous revoir ? Samedi matin ? À l’adresse du Cabas d’or, rue Saint-Denis ? Nous pourrions parler du contenu des cours …
Le narrateur : Bon d ‘accord, Sophie n’a jamais raconté ni où ni comment elle avait croisé Antoine Augustin, mais en 1795, il y a fort à parier que les deux parisiens fréquentaient la très réputée librairie Régent et Bernard : hypothèse plausible !

Extrait 4 :
Sophie : Certains mathématiciens s’intéressent aux nombres en tant que tels ! Les nombres ne sont pas forcément des quantités de quelque chose – de carottes, de betteraves, de parts de tarte ou de mètres carrés -, on peut les étudier par eux-mêmes. On peut en toute liberté, les combiner, les manipuler, les mettre en équations, étudier leurs propriétés les plus secrètes... Une plume, un peu d’encre, beaucoup de papier… nul besoin d’instruments !
Le narrateur : Ce jour-là Sophie décide de se consacrer à cette branche particulière des mathématiques qu’on appelle la théorie des nombres. Un terrain de jeu immense …
Sophie travaille sans répit, les méninges en ébullition, constamment titillées par des questionnements sans fin.
Comment sont organisés ces drôles de nombres que sont les nombres premiers ?
Oui vous savez bien, ceux qui sont uniquement divisibles par eux-mêmes…

Extrait 5 :
Sophie : Je vais participer à un concours sur les surfaces élastiques.
Les parents : Qu’est-ce donc que ces surfaces élastiques ? Sophie : Ce sont des plaques en verre ou en métal rondes ou carrées. Quand on les frotte avec un archet de violon, elles vibrent, c’est-à-dire qu’elles se déforment et reviennent à leur état initial. On dit qu’elles sont élastiques.
Les parents : Et donc ? Sophie : L’on doit montrer, par des calculs, le lien mathématique entre l’impression donnée par l’archet et les vibrations qui parcourent la plaque.
Les parents : C’est difficile ?
Sophie : Extrêmement difficile. Les parents : Cela sert à quoi ?
Sophie : Cela peut être très utile pour calculer les vibrations et les déformations qui touchent certains matériaux de construction.
Les parents : Et tu te feras encore passer pour Monsieur Leblanc ?
Sophie (rire) : Le concours est anonyme !
Les parents : Hum …

Tarif :

nous consulter /Pass culture et prévoir droit d'auteur en sus du cachet artistique

Crédits photographiques :

©Lou Brouard

Offre spéciale :

Offre proposable sur le pass culture, nous consulter

Date de création :

2024-10-05

Références :

couverture du livre“Les filles et les maths, ça matche !” d’après Sylvie Dodeller ©édition l’école des loisirs
https://www.ecoledesloisirs.fr/livre/sophie-germain-femme-cachee-mathematiques

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