Les Vraies richesses
Archivé Créé le 17 mars 2022Description du projet
Le projet est né de la découverte de ce roman Jeunesse, puis de la rencontre avec son autrice, invitée de la quatrième édition de « Faites passer l’mot », temps fort autour de la lecture à voix haute mené par la Compagnie.
L’histoire
Lorsque la jeune Louise, de passage dans son village, lui raconte qu’elle vit dans un palais doté de tous les équipements modernes et même d’une piscine, Émile, fils de paysans élevé à la dure dans une famille nombreuse, la prend pour une menteuse. Intrigué, il va pourtant partir à sa recherche et découvrir qu’elle n’a pas menti : le familistère que M. Godin a construit pour ses ouvriers, existe bel et bien, et Émile va y trouver sa place. Ed. Talents Hauts 2019
Lien vers éditeur : Accueil – Éditions Talents Hauts
Inégalités sociales, place des femmes, Laïcité.
Cette histoire sensible et vive, secoue, réveille… en plongeant dans le début du XXème siècle, nous mettons en lumière des questions toujours d’actualité tel que la laïcité, la place des femmes, les inégalités économiques et sociales.
Le traitement historique permet d’avoir une distance et une résonnance avec aujourd’hui par les questions que cette histoire soulève : Qu’est-ce qu’être riche ? Peut-on quel que soit sa place dans la société rêver sa vie ? Quelle place était la place des femmes à l’époque et aujourd’hui ? Peut-on prétendre à une éducation de qualité, à la culture, quel que soit son milieu social ? Peut-on rencontrer et vivre avec des personnes d’un autre milieu social que le sien ? Comment se construire dans un milieu hostile ?
Parcours initiatique d’un adolescent, l’émancipation, la quête de soi
L’histoire se situe en 1913, on suit le parcours initiatique d’un adolescent.
Cette histoire aborde de façon intime le parcours de cet adolescent et de ses rencontres. Ensuite nous suivons l’évolution de son parcours jalonné d’obstacles qu’il finira par dépasser.
Dans son parcours l’adolescent, Émile, va se fabriquer un début de vie qu’il n’aurait jamais osé imaginer, il va quitter son milieu, s’autoriser à trouver une place qui ne lui était pas assignée à la naissance, puis s’autoriser à rêver sa vie.

Une utopie réalisée
Le spectacle permet de découvrir comment le familistère de Guise a incarné une véritable utopie sociale, offrant des conditions de vie dignes à tous ses habitants.
Le personnage principal va quitter son village et aller à la découverte de ce lieu exceptionnel à l’époque, controversé aussi. C’est le lieu d’une utopie réalisée, le Familistère ou Palais Social est bâti par Jean Baptiste Godin, sur environ 18 hectares. En dehors des logements, il comprend, une crèche, des écoles (mixte, gratuite et obligatoire), un théâtre, des lavoirs et des bains, des magasins, des buanderies, des médecins, des salles de conférences, une piscine, des jardins, un parc, des écuries, étables, porcheries et basse-cours, une usine à gaz, des associations, etc…
Comment vivre ensemble avec nos différences ?
C’est à travers le parcours du jeune garçon que l’on comprend l’importance des rencontres, des différences de chacun liées à son milieu, son éducation… Passé l’étonnement, l’incompréhension, appréhender les différences lui permet de dépasser sa condition, d’imaginer des possibilités de formation et de vie insoupçonnées et après bien des écueils de trouver une place, sa place pour se construire enfin.
Éducation et histoire
Le spectacle permet aux collégiens de plonger dans le quotidien des paysans et ouvriers des années 1900, enrichissant leur compréhension de cette période historique. Également de découvrir le Fouriérisme et les utopies sociales réalisées.
Note d’Intention Artistique
Trois comédien.ne.s : des narrateurs, plusieurs personnages, des voix multiples.
Il s’agit d’incarner une parole, celle du roman par la narration, les dialogues, les différentes voix que l’on a choisi de faire entendre. La narration et plusieurs personnages sont joués par Kriss Goupil et Valérie Pourroy – le personnage d’Emile est joué par Christian Brouard.
Des codes de jeu différents sont au service de l’histoire : Deux narratrices conteuses, des scènes courtes dialoguées, les figures de l’histoire qui apparaissent et disparaissent – sauf le personnage principal, c’est son voyage initiatique – qui est constamment présent.

Nous avons choisi de commencer en distanciant les personnages, ils sont figurés par les corps derrière des silhouettes de bois puis en les incarnant. Pour que chacun s’identifie, nous traversons ces différents modes de jeu et passons au fur et à mesure du spectacle, de la distance à l’identification, à la personnification. L’espace évolue pendant le spectacle en suivant le parcours d’Emile, de la ferme au familistère de Guise. Le temps physique et mental est important dans cette trajectoire : Emile part pour un voyage initiatique et marche. Les corps des comédien.nes sur le plateau traduisent l’effort physique indispensable de la marche, des kilomètres parcourus à pied (long trajet du village d’Emile vers le familistère de Guise), ce temps de la marche qui permet la pensée et fait avancer malgré les embûches.
Un roman pour le théâtre
Nous avons abordé l’adaptation théâtrale en expérimentant sur le plateau, tout de suite à l’épreuve du jeu et de là, ont émergé le contenu et la forme de l’écriture.
Cathy Ytak nous a donné toute liberté pour l’adaptation de son texte, elle nous a autorisé à reformuler si nécessaire.
L’adaptation théâtrale suit le parcours initiatique d’Émile dans le roman, nous en proposons une forme directe et épurée. Nous conservons et affirmons la narration sur le plateau avec des moments de tableaux en jeu et dialogués.
L’adaptation est composée, d’une première partie sous forme narrative et dialoguée (la plus proche du roman), puis de fragments pour les seconde et troisième parties.
Mise en Scène et Scénographie
Une création collective
Ce spectacle est une création collective des trois membres fondateurs de la Compagnie, Kriss Goupil, Christian Brouard et Valérie Pourroy qui ont réuni une équipe artistique et technique autour de ce projet. Cyrille Guillochon, scénographe, a apporté son regard sur la dramaturgie et la mise en scène, les enjeux du spectacle et les mises en œuvres concrètes sur le plateau (l’espace). Katia Grange, comédienne et artiste associée à la Cie, a été sollicitée pour la direction d’acteur. L’aspect technique du spectacle (univers sonore et vidéo) est un élément très significatif de notre vision du roman pour la scène.
Un univers sonore
Très vite, à la lecture du roman, l’univers sonore nous a semblé une piste importante pour l’adaptation de ce texte pour la scène. En effet, nous souhaitons faire entrer le spectateur dans une époque, des lieux, des univers. Une recherche sur le plateau s’est faite avec Amélie Polachowska, réalisatrice sonore. C’est aussi l’atmosphère si particulière du familistère (résonances, voix multiples) que nous souhaitons faire ressentir. Il ne faut pas oublier que 1600 personnes environ vivaient dans cet endroit, hébergement collectif s’il en est.

Une création vidéo projetée en mapping
Laurianne Marié, créatrice vidéo, suite à notre demande a réalisé une vidéo sur la deuxième et principalement sur la troisième partie du spectacle. Le familistère se construit, les représentations dessinées de ce lieu apparaissent sous les yeux d’Emile et accompagnent les mouvements des personnages. Représentation, décors, ces images donnent plus de réalité aux rêves d’Emile.
Elles permettent aux spectateurs d’avoir une vision concrète de la réalité du lieu, que nous avons eu la chance de visiter avec Laurianne Marié en amont.
Le mapping a été finalisé lors d’une résidence d’une semaine au théâtre Scarron, Ville du Mans, en février 2023.
Son instagram : https://www.instagram.com/laurianne.marie/
Équipe de Création
- Conception, adaptation, jeu : Christian Brouard, Kriss Goupil et Valérie Pourroy
- Dramaturgie et Décor : Cyrille Guillochon
- Création Sonore : Amélie Polachowska
- Univers Plastique : Arno et Régis Dudé
- Création Lumière : Rafi Wared
- Régie : Dorian Fremiot-Furet
À Propos de l’Auteure
Le premier roman de Cathy Ytak « Place au soleil » est publié en 1999 aux éditions du Seuil.
Aujourd’hui, elle écrit des romans (aussi bien pour les enfants que pour les ados et les adultes), des guides pratiques (cuisine), et traduit de la littérature contemporaine catalane. Elle a créé avec les écrivains Gilles Abier et Thomas Scotto, L’Atelier du Trio (lectures publiques, expositions…).

Cathy Ytak
Cathy Ytak est une auteure et traductrice, connue pour ses romans jeunesse et adultes. Elle participe à des lectures publiques et des salons du livre, et anime régulièrement des rencontres et ateliers d’écriture en collège et lycée, médiathèque, maison de retraite, maison d’arrêt, institut médico-pédagogique, etc.
Lien vers son site : Biographie | Cathy Ytak, le site (cathy-ytak.fr)
Présentation du Familistère de Guise
La France de 1830-1848 est une France de pauvreté : conditions de logement déplorables, longueur de la journée de travail, salaires de misère, travail des enfants, y compris en dessous de 8 ans, malnutrition, épidémies.
Comme ses contemporains, Godin est révolté par ce qu’il observe. En 1842, il découvre dans le Guetteur de Saint-Quentin un article sur la théorie de Charles Fourier.
En travaillant dans une forge, il a l’idée de remplacer la tôle par la fonte dans la fabrication des poêles : le succès est immédiat. En 1840, il crée son premier atelier de fonderie. En 1846, il achète les terrains, dépose les brevets et construit son usine à Guise. Il a 36 ouvriers.
Inspiré du fouriérisme, il pense de plus en plus à le promouvoir dans sa propre industrie. Dès 1856, il crée le jardin d’agrément en bordure de l’Oise, tout près de l’usine afin que les ouvriers puissent venir s’y délasser pendant les pauses. Il conçoit les premiers bâtiments du Familistère en 1858 et, entre 1859 et 1877, l’essentiel du palais voit le jour.
Lien vers Familistère : Le Familistère de Guise (familistere.com)
Historique
Jean-Baptiste André Godin est né le 26 janvier 1817 à Esquéhéries, petit village à proximité de Guise. Fils d’un artisan serrurier, il doit quitter l’école à 11 ans pour rejoindre l’atelier paternel.
Il a fondé Le Familistère ou Palais Social est bâti sur environ 18 hectares. En dehors des logements, il comprend, une crèche, des écoles (mixte, gratuite et obligatoire), un théâtre, des lavoirs et des bains, des magasins, des buanderies, des médecins, des salles de conférences, une piscine, des jardins, un parc, des écuries, étables, porcheries et basse-cours, une usine à gaz, des associations, etc.
Partenariats et Soutiens
Cette création a reçu le soutien du Plan de Relance de la DRAC Pays de la Loire et de la Ville du Mans. Elle a également bénéficié de résidences à Coulaines, Sargé les Le Mans, et d’autres lieux.
Dates et Lieux des Représentations :
– 3 octobre 2023 – Faites Lire Le Mans salle des concerts
– 24 février 2023 – Théâtre Paul Scaron Le Mans
– 20 octobre 2022 – Loué Le Courmesnil
– 17 juin 2022 – Allonnes Plaisir de lire
– 7 avril 2022 – Le Mans Salle des concerts
– 18 mars 2022 – Coulaines Salle Henri Salvador
– 17 mars 2022 – Coulaines Salle Henri Salvador
60
9 m d'ouverture x 8 m de profondeur
220
2 services + 2 heures soit 10h
Prologue
Narratrices 1 et 2 : Été 1913
Narratrice 1 : Le sourire de Louise se fait espiègle face à la mine renfrognée du garçon et celle étonnée de la fillette.
Narratrice 2 : Émile aimerait lui rétorquer qu’il ne la croit pas, mais sa petite sœur est plus rapide et répète, ébahie : Narratrices 1 et 2 (Marie) : C’est vrai ? Tu vis vraiment dans un palais ?
Narratrice 1 : Oui c’est vrai, répond Louise pleine d’aplomb.
Narratrices 1 et 2 (Louise) : Oui c’est vrai, avec toute ma famille. Nous y avons l’eau à l’étage, des salles pour le bain, de grandes fenêtres et…
Émile : Tu devrais pas raconter ce genre d’âneries. Ma sœur, elle croit tout ce qu’on lui dit. Elle n’a que quatre ans. L’écoute pas, Marie…
Narratrice 1 : Mais la petite ne lâche plus Louise du regard. Elle détaille ses yeux en amande marron-vert, ses joues et son front couverts de taches de rousseur, son petit nez retroussé et les deux tresses un peu défaites qui pendent de chaque côté de son visage.
Marie : Vrai de vrai ?
Narratrice 1 : insiste Marie, sans prêter attention aux propos d’Emile. Louise est trop heureuse d’avoir trouvé une oreille attentive :
Louise : Vrai de vrai ! On a même une piscine chauffée, et on peut y aller tous les jours. Et aussi des fêtes pour les enfants du Palais, avec un bal rien que pour nous, en septembre.
Marie : Un bal ? Pour danser ?
Louise : Oui, pour danser. On joue de la musique, on chante, on fait des spectacles, et tous les gens du Palais nous regardent et nous applaudissent !
Narratrice 1 : Émile n’aime pas la tournure que prend la conversation. Toutes ces préoccupations qui le dépassent, toutes ces choses et ces gens de la ville... D’instinct, il s’en méfie. Il lève les yeux vers Louise et l’observe à son tour. Il a bien remarqué ses vêtements reprisés à plusieurs endroits, et ses bottines usées.
Émile : Ils doivent être très riches, tes parents.
Louise : Non, pas très riches. Mais nous avons…
Émile : Il fait quoi, comme métier, ton père ?
Louise : Il est fondeur. Il travaille dans les usines de monsieur Godin.
prémontage d'après plan de feux envoyé, diffusion de son et de vidéo
Laurianne Marié et Lou Brouard
2022-03-17
Les Vraies Richesses
de Cathy Ytak
aux éditions Talent haut





